samedi 18 mai 2013

Samedi, c'est relâche…


L'importance que l'on porte à un organe se mesure à l'aune du nombre d'expressions argotiques qui s'y rapportent. Couilles, glaouis, burnes, valseuses, orphelines, roupettes, roubignolles, roustons, joyeuses, les roustignolles de Céline, bonbons, bijoux de familles, olives… " Je vais changer l'eau des olives, je vais faire pleurer le colosse " dis-je souvent sur un ton léger à mon épouse offusquée quand, tous les soirs, je sacrifie au rite immuable du pipi dans la pelouse. Les conversations à la fin de l'office dominical ne sont pas, d'ailleurs, d'un niveau systématiquement plus élevé " Si les anges n'ont pas de couilles, c'est pour pas que ça pendouille quand ils s'envolent ! ". Un peu finaliste mais tellement vrai.


A l'inverse, le sexe féminin se contente de chatte, minou, foufoune ou de con comme dans l'ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente. Il faut reconnaître que ce dernier terme est, depuis la mort d'Irène, frappé d'obsolescence. Con vient de conin, synonyme de lapin mangeur de carottes, et son remplacement par chatte dans le langage familier  correspondrait pour J.P Samaille, un confrère vétérinaire, à la prise de conscience du danger des femmes dans l'inconscient masculin collectif, la métaphore de l'herbivore inoffensif ayant laissé la place à un carnivore au psychisme insondable, à la cruauté manifeste et usant la patience et l'aménité des plus braves d’entre-nous...


La chatte s'est par ailleurs verlanisée au sein de la jeunesse et il n'est pas rare d'entendre, en juillet sur les plages des Saintes-Maries, de jeunes éphèbes au torse épilé et à la barbe de deux jours s'exprimer ainsi : "Zy va, y a d'la teuche ! ", ce qu'Edouard, posant ses valises dans la maison familiale de la Baule traduit par " Que de jolies filles sur la plage, cette année, maman ! ". Les pensées sont les mêmes, l'expression du désir un peu différente et la réalisation est laissée à l'appréciation de la dame…


Le Con d'Irène est un roman érotique de Louis Aragon paru clandestinement sous le pseudonyme d'Albert de Routisie pour éviter la censure en 1928. Régine Déforges le republie en 1968 sous le titre édulcoré Irène ; le livre est tout de même saisi. C'est cet ouvrage que je propose ici à la vente. Jusqu'à son dernier souffle, Louis Aragon a farouchement contesté être l'auteur du mystérieux Con d'Irène. Non, il n'est pas le créateur de ce texte incandescent et considéré par Camus et par Paulhan comme l'un des chefs-d'oeuvre de notre littérature érotique ! Le temps pluvieux, le manque de soleil chronique dont souffre la Provence, le chaland qui se fait rare, tout concourt à se changer les idées, ce week-end, par une lecture grandement euphorisante. C'est quand même mieux que le Prozac, non ?  Pierre


ROUTISIE (Albert de).Irène. Préface de Pauvert. L'or du temps, Régine Desforges. Broché in-8 de 127 pages à couverture rempliée. 7 € + port

5 commentaires:

Pierre Bouillon a dit…

Qui a dessiné la jeune femme qui lit?
Bonne journée.
Pierre B.

Pierre a dit…

C'est la seule des trois toiles dont je ne connais pas l'auteur, Pierre ! Pierre de Provence (pluvieuse)

Anonyme a dit…

Pablo Gallo : "Lectrice à la recherche d'un passage".

Jean-Michel

Chalet De l'Arete a dit…

Cf El libro del voyeur, du meme Pablo Gallo, pour rester dans l'univers uk et teuches de ce billet:

http://antoncastro.blogia.com/2010/051003--el-libro-del-voyeur-.php

Pierre a dit…

Dommage que les dessins soient en espagnol ;-)) Pierre