lundi 6 mai 2013

La vie de Saint Vincent de Paul. La charité sans le business ; sauf le mien...


Qui pourrait bien acheter encore un livre sur Saint Vincent de Paul ? Même en bon état, même proposé à un tarif  indigne ? Le 20eme siècle et ce début de 21eme siècle est pourtant celui de la charité-business. Elle coule à plein bord… Chacun se glorifie de servir son proche mais c'est un péril particulier pour le chrétien qui fait qu'un grand nombre d'hommes et de femmes, aujourd'hui, voudrait pratiquer la charité sans, et c'est là que c'est injuste, contre l'église ! C'est oublier le premier des commandements de la religion chrétienne : " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ". Vincent de Paul répond admirablement à cette situation. Qui fut,plus que lui, grand serviteur du peuple ? Le 17eme siècle s'inclina devant ce grand bienfaiteur des hommes. On doit admettre que l'œuvre immense accomplie par lui a démontré, s'il fallait encore le démontrer, l'inanité de cette chimère contemporaine qui voudrait que la bienfaisance soit le pré carré des laïcs.

  
Vincent de Paul naquit le 24 août 1581 dans la paroisse de Pouy, diocèse de Dax. Ordonné prêtre en 1600, il sera nommé sur le diocèse de sa naissance. Puis il se dirige sur Toulouse pour y entreprendre un cours de théologie. En 1605, Vincent fut obligé d’aller à Marseille pour recevoir un legs que lui avait laissé un de ses amis, mort dans cette ville. Étant sur le point de retourner à Toulouse, il accepta la proposition qu’on lui fit de prendre la voie de la mer jusqu’à Narbonne ; mais il fut pris par des pirates, blessé, enchaîné, mené à Tunis, et vendu d’abord à un pêcheur, puis à un médecin, après la mort duquel on le vendit à un renégat – plus ou moins alchimiste ; peut-être Nicolas de Peyrac ? - natif de Nice.


Vincent fut exposé à toutes sortes d’épreuves durant sa captivité ; menaces, mauvais traitements, rien ne fut épargné pour ébranler sa foi. Réussissant, ensuite, à convertir son maître et sa femme, il rejoint la terre de France, sur un petit bateau en 1607. De là, St Vincent de Paul se rend à Rome pour y avoir audience ( on n'en connaît pas vraiment la raison). Il est reçu, ensuite, par le roi Henri IV et obtient, en 1610, la charge d’aumônier de Marguerite de Valois. A cette occasion, il fait la connaissance du cardinal de Bérulle, qu’il fréquentera étroitement. Ce dernier, très influent, lui obtient la fonction enviée de précepteur des enfants du comte P. E. de Gondi. Ce dernier incitera le Cardinal de Richelieu à faire de Vincent l’Aumônier Général des Galères.


En 1632, les chanoines réguliers de Saint-Victor cèdent à Vincent le prieuré de Saint-Lazare. Le lieu devient alors le point focal de la congrégation et permet aux membres de prendre le nom de Lazaristes. De là et jusqu’en 1660, date à laquelle les Lazaristes s’en vont, la congrégation compte près de trente maisons, 400 prêtres et une centaine de frères.


Sa vie fut empreinte d’une foi indéracinable et d’une persévérance à aider les plus faibles. Il s’éteint en 1660 et sera canonisé au 18eme siècle. Les gens de ma génération auront sûrement gardé le souvenir d'avoir vu sur l'écran noir et blanc du téléviseur familial, une très belle interprétation de Monsieur Vincent par Pierre Fresnay… Pierre


BOUGAUD Mgr. Histoire de Saint Vincent de Paul, fondateur de la Congrégation des prêtres de la Mission et des filles de la Charité. Librairie Poussielgue, Paris, 1889. Deux volumes grand in-8 avec portrait en frontispice de chaque volume. Reliure demi-basane marron, dos lisse, titre et filets dorés. XII (avertissement), 484 et 428 pages. Pas de rousseurs. Bel état. 35 € + port

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Effet dérivé d'un succès énorme et d'une reconnaissance sans faille : on chercherait en vain Pouy sur une carte.

Jean-Michel

calamar a dit…

ne pas oublier l'épisode dombiste : en 1617, il crée les Filles de la Charité à Châtillon les Dombes, (Châtillon sur Chalaronne aujourd'hui), village dont il est le curé pendant 5 mois. Mais on entretient ce souvenir : http://ladombes.free.fr/Les%20Eglises%20et%20Abbaye/Chatillon-sur-Chalaronne-Maison-Saint-Vincent.htm

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Le problème avec St Vincent de Paul, c'est qu'il n'a pas eu de descendance ...

B.

Pierre a dit…

La charité n'est pas un caractère génétiquement transmissible, j'en ai peur, mais il arrive que ce soit une vertu contagieuse, Bertrand ;-))

Pierre a dit…

Je viens de lire l'histoire de la création des filles de la charité au pays des Dombes par Vincent de Paul, Christian. Merci pour le lien ! Pierre

Textor a dit…

Aumonier de la Reine Margot !! moi je dis que ce n'est pas très catholique... Est-ce que le fait était connu des gens qui l'ont canonisé !?
T

Pierre a dit…

Aumonier de la Reine Margot sur la fin de sa vie (elle meurt en 1615), et donc à une période de sa vie où les péchés de chair n'étaient plus que des vœux pieux ;-)) Pierre